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Séance de rattrapage #3 : La voleuse de livres, de Markus Zusak

Hello  ecerybody !

Aujourd’hui, une séance de rattrapage spéciale relecture ! C’est parti !

C’est quoi ?

La voleuse de livres est un roman de Markus Zusak, un auteur australien. Ce roman conte l’histoire de Liesel, une jeune fille  vivant dans une famille d’accueil en Allemagne nazie : on a une vue de la seconde guerre mondiale depuis l’intérieur, sans jamais allé jusqu’au front.

Le monde bouillonnait en elle tandis qu’elle était là, parmi les jolis livres aux titres bien nets. Elle sentait ce grand brassage tandis qu’elle parcourait les pages aux ventres pleins à ras bord de paragraphes et de mots.
Petits salauds, pensait-elle.
Jolis petits salauds.
Ne me rendez pas heureuse. Surtout ne venez pas me remplir pour que je croie que quelque chose de bon peut sortir de tout cela. Regardez mes meurtrissures. Regardez cette écorchure. Voyez-vous l’écorchure que j’ai à l’intérieur? La voyez-vous s’étendre sous vos yeux et me ronger?

La grande originalité de ce roman vient de son point de vue : en effet, le narrateur n’est autre que la mort !

Quelques petites vérités:
Je n’ai pas de faux, ni de faucille. Je ne porte une robe noire à capuche que lorsqu’il fait froid. Et je n’ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m’attribuer. Vous voulez savoir à quoi je ressemble vraiment? Je vais vous aider. Allez vous chercher un miroir pendant que je vous poursuis.

C’est comment ?

Vous le savez déjà, ce livre est une relecture pour moi. Coup de coeur l’an dernier, je me suis fait un plaisir de me relancer dedans.

On découvre une plume sympathique; une histoire prenante, touchante, drôle parfois, émouvante mais aussi révoltante, et le tout avec des personnages attachants, amicaux. De plus, l’histoire nous propose un point de vue atypique (autant au niveau du narrateur que de la vie en Allemagne nazie qui nous ai rarement conté par une jeune fille qui n’est pas juive…)

Enfin, ce livre nous prouve que les mots, même simples, ont une véritable puissance.

Et deux autres petits détails : le roman est constamment plongé dans un certain humour noir dû à la mort qui ne se prive pas pour nous spoiler la fin…

Evidemment, c’est très impoli de ma part. Je suis en train de gâcher non seulement le dénouement du livre, mais la fin de ce passage particulier. Je vous ai annoncé deux événements, parce que mon but n’est pas de créer un suspense. Le mystère m’ennuie. Il m’assomme. Je sais ce qui se passe, du coup vous aussi. Non, ce qui m’agace, me trouble, m’intéresse et me
stupéfie, ce sont les intrigues qui nous y conduisent.

Evidemment, c’est encore une fois un coup de coeur auquel je mets de bonne grâce un 18/20 !

 

 

 

 

 

Mangez-le si vous voulez : Horribles atrocités humaines, de Teulé

« -Une bien belle journée !… » Jean Teulé, première phrase de Mangez-le si vous voulez

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Enrobage : Mangez-le si vous voulez, de Jean Teulé
Fève : France / Mangez-le si vous voulez
Ecadossage : Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capable du pire!
Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.
Pourquoi une telle horreur est-elle possible? Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?Jean Teulé a reconstitué avec une précision redoutable chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’histoire du XIXe siècle en France.
Ganache : Roman / Historique
Tempérage :  114 pages /0,6 cm / Pocket / 5€30

L’engourdissement à gagné les cigales. Il baisse les paupières. La Belle au bois dormant dort. Cendrillon sommeille. Madame Barbe-Bleue ? Elle attend ses frères. Et le Petit Poucet, loin de l’ogre si laid, se repose sur l’herbe.

Mangez-le si vous voulez, un livre qui ne vous laisseras pas de marbre.

Ce petit livre très court nous propose l’horrible histoire d’Alain de Monéys, d’autant plus horrible qu’elle est inspirée de faits réels.
On rencontre donc Alain de Monéys qui, à cause d’un horrible quiproquo, va se faire mettre à mort par ses voisins. Mais sa mort n’est pas jolie et simple : pleine de détails horribles, c’est à qui ferra le pire : coup, jet de pierre, écartèlement…

Ce qui rend le roman encore plus dur à lire est l’écriture : écrit avec un style assez particulier qui fait franchement penser à l’époque où se déroule le roman (1870, guerre entre la Prusse et la France, empire de Napoléon III) et qui, en plus, nous propose des descriptions assez poétiques des horreurs engendrées.
De plus, les détails font que si vous avez l’habitude de vous imaginer les scènes et de les ressentir vous risquez de vous faire douloureusement mal psychologiquement.

Ce roman rend vraiment compte de l’horreur humaine : il montre jusqu’à quel point les atrocités peuvent monter. Le plus douloureux est de se rendre compte que l’effet de foule peut entraîner n’importe qui dans ces horreurs et peut prendre comme victime même des personnes que l’on connaît depuis toujours…

Vous l’aurez compris, ce livre est assez dur à lire et ne peut pas laisser de marbre : dégoût, pitié, souffrance… Ce ne seras pas forcément des émotions très positives mais je le recommande tout de même très franchement car en une centaine de pages il rend compte d’énormément de choses et de à quel point un mot mal interprété peut avoir des conséquences énormes.

Au final, ce petit roman se lit très vite (deux heures environ pour moi) et on a bien du mal à le lâcher grâce à une certaine plume plutôt bonne et qui malgré un effet « vieillot » se montre très moderne. Par contre, je ne le répéterais jamais assez, l’histoire est vraiment horrible, âme sensible s’abstenir !
Sinon, lisez-le, vous en ressortirez marquer !

Couverture de mon édition de Mangez-le si vous voulez, de Jean Teulé. Illustration de Frédéric Poincelet.

Couverture : 1,5/3 => Ce n’est pas la plus belle couverture du monde mais elle représente plutôt bien le roman.
Ecriture : 5,5/6 => Une écriture à la fois poétique, moderne et avec un effet d’époque ! J’ai adoré le style de l’auteur.
Personnages : 4,5/6 => Il n’y a pas réellement de personnages à part Alain. Il y a bien des noms qui ressortent de temps à autres mais on suit surtout une foule en délire et l’effet de foule est très bien mené.
Histoire : 4,5/5 => Horrible mais excellente

Bilan :  16/20=> Chocolat noir !
Je n’ai franchement rien à lui reprocher…

¿ Et vous, vous en avez pensé quoi ?

La voleuse de livre : Ne jamais sous-estimer la puissance des mots, par Zusak

« D’abord les couleurs. Ensuite les humains. c’est comme ça que je vois les choses, d’habitude. Ou que j’essai, du moins. » Markus Zusak, début de La voleuse de livres

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Enrobage : La voleuse de livres, de Markus Zusak
Fève : Australie / The Book Thief
Ecadossage : C’est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d’un humour noir, sarcastique, mais compatissant, elle est témoin de la folie des hommes. Parmi eux, une rencontre va éveiller sa curiosité, celle de Liesel Meminger.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.
Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidé à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort un bien joli surnom :  » la voleuse de livres »…
Ganache : Roman historique / Réaliste, Dramatique
Tempérage : 558 pages / 3,3 cm / Pocket Jeunesse / 19€90
P’tit + : Le film est sorti depuis le 5 février 2013 en France !

Que s’était-il passé au cours des quatre ou cinq mois précédant pour susciter un tel sentiment ?

Pour faire court, la réponse part de la rue Himmel et y revient en passant par le Führer et l’endroit introuvable où était sa vraie mère.

Comme beaucoup de malheurs, cela commença par l’apparence du bonheur.

Un livre juste, simple et tellement puissant. On sait tout à l’avance, mais on ne devine rien. On hurle de bonheur, on laisse couler quelques larmes. Jamais, ce livre ne laisse pas indifférant.

On découvre une bataille contre l’empire allemand, contre le Fürher avec, comme chef de guerre, Liesel, une jeune allemande naïve qui s’est armée de mots. Et l’originalité de l’histoire est là : raconté par la Mort, on ne suit pas l’histoire d’un juif mais d’une jeune allemande qui apprend peu à peu que c’est la guerre.

Dès le début, la Mort nous raconte tout, il n’y a pas vraiment de suspens mais quand les événements arrivent vraiment, on pleure, on laisse couler une larme… tout doucement… En fait, c’est un livre sans suspens mais tellement surprenant. La Mort revient souvent sur ses mots, au point qu’on ne veut plus croire les éléments tristes, même quand ils sont irréfutables.
Et pourtant, parmi ces refus, ces larmes, on trouve la force d’esquisser un sourire, signe d’un petit fait drôle, d’un petit mot comique. La Mort a beau être la narratrice, tout n’est pas noir, et comme elle dit, le ciel est beau quand il est chocolat.

C’est un livre tout en couleur, un tableau triste, sombre, avec des touches roses, bleus ciels, verts, jaunes. Un tableau avec un soleil jaune dégoulinant, un long nuage comme un fil et deux personnages qui marchent dessus.

Couverture de mon édition de La voleuse de livres

Couverture de mon édition de La voleuse de livres

Couverture : 2.5/3 => J’adore cette couverture. C’est l’affiche du film, mais je trouve qu’elle représente parfaitement le livre. Elle représente le second vol de livre, le premier acte de « rébellion » avers cette Allemagne aux conditions si étranges.
Ecriture : 5/6 => L’idée que ce soit la Mort qui raconte et elle qui écrit… excellente. Les petits « pauses » pour traduire, expliquer, détailler… Vraiment, un très bon style.
Personnages : 5/6 => Des personnages vivants auxquels on s’attache sans mal, à notre grand dam. Ils nous arrachent des émotions.
Histoire : 4.5/5 => Une très belle histoire, écrit d’un point de vue inattendue : celui de l’allemande et non du juif.

Bilan : 17/20 => Chocolat noir Supplément orange !

¿ Et vous, vous en avez  pensé quoi ?